Avis avant catastrophe
Avis avant catastrophe...
Suite à une requête en annulation déposée par une opposition sans conviction après l'adoption, dans des conditions nébuleuses, de la loi d'habilitation, la Cour Suprême qu'il convient de nommer « Courou-Courou» pour reprendre une expression chère au dictateur Azali Assoumani, devrait se prononcer ce vendredi 20 septembre 2019. Sans surprise, elle validera la loi d'habilitation et déclarera irrecevable la requête de cette opposition. Une structure qui n'existe pas officiellement dira-t-elle.
Au-delà de cette requête qui sera jugée irrecevable, il convient de s'interroger sur la pertinence d'une telle démarche qui consiste à agir devant des instances qui n'ont aucune existence. En effet, depuis qu'Azali Assoumani a tué la Cour Constitutionnelle en transférant ses compétences, sans en aviser ni le peuple ni le Congrès, à une Cour Suprême dont il est le seul à en désigner les membres, l'opposition récuse logiquement celle-ci et appelle au retour à l'ordre constitutionnel.
Les juristes les plus éminents de la place et l'essentiel de la classe intellectuelle s' accordent à dire, surtout après la révision constitutionnelle de 2018, qui n'a de constitutionnel que le nom, que les institutions nationales, la Cour Suprême notamment, sont prises en otage et fonctionnent au gré du prince en dehors de toute légalité. L'opposition de son côté, avait indiqué ne rien reconnaître de ce régime déboussolé, illégitime et barbare.
Mais voilà que cette même opposition qui ne reconnaît rien de ce régime formule une requête auprès d'une Cour qu'elle ne reconnaît même pas. Dit simplement, l'équipe de l'opposition estime qu'elle est seule sur le terrain, qu'il n'y a aucun adversaire en face, mais qu'après avoir honteusement perdu le match, elle peut recourir à une décision d'arbitrage dans une rencontre qui l'opposait au néant. Etrangement absurde!
Plus absurde encore. Dans sa course à destruction massive, Azali Assoumani convoquera, sous peu, des législatives pour début 2020. Il est évident que certains députés de l'opposition seront en lice et feront campagne en disant ne pas vouloir offrir ''tout un boulevard'' à Azali ou encore vouloir limiter les dégâts. Un argument de déjà vu; lors des dernières "présidentielles", alors que nul n'ignorait la détermination d'Azali à s'accaparer de tous les pouvoirs au mépris des lois, les mêmes opposants se disaient contraints de « manger un cadavre pour demeurer vivants.» En réalité, ils se leurraient de pouvoir réussir à passer entre les mailles du filet, oubliant ainsi qu'Azali avait tout cadenassé, s'offrant même les services de Djaza, l'homme qui manipule les chiffres de la CENI et ceux de l'armée qui n'hésitait pas à s'accaparer des urnes avant la fermeture des bureaux de vote.
Cette fois-ci, la messe est dite. Personne ne peut ignorer la volonté d'Azali Assoumani. Il souhaite s'offrir le luxe d'une majorité parlementaire qu'il n'a jamais eue même si toutes ses prétendues réformes ont été adoptées par l'Assemblée de l'Union.
Il revient ainsi à l'opposition de boycotter d'ores et déjà ces législatives. Aucun membre de l'opposition ne doit y prendre part et cela doit être dit dès à présent. Azali doit savoir qu'à défaut de l'empêcher dans sa course effrénée contre les intérêts de l'État, le peuple comorien n'est pas prêt à l'accompagner dans ses manœuvres les plus diaboliques.
Les masques vont tomber. Tout porte à croire que certains députés de l'opposition, parmi ceux des plus fervents aujourd'hui, se préparent à se lancer dans ces élections. L'opposition volera alors en éclat après la mort programmée et déjà enclenchée des institutions de l'État. L'État comorien ne sera alors qu'une coquille vide, un gigantesque terreau de pagailles où tout se confond.
Le
CNT comme l'Union de l'opposition doivent se prononcer d'urgence et
en toute fermeté. Toute candidature émanant de ces deux structures
doit être frappée d'interdit et même, s'il le faut, d'indignité
nationale. Ce texte se chargera, demain, de rappeler à ceux qui
joueront aux amnésiques, qu'ils n'avaient aucun droit à
l'erreur...
La Rédaction ( Sérieuse, notre Rédaction est responsable des articles qu'elle publie)
