Portrait du nouvel ambassadeur des Comores à Paris.
Portrait du nouvel ambassadeur des Comores à Paris.
Le 28 mars 2019, date mémorable et charnière dans l'histoire de la Révolution comorienne en cours, l'Ambassade des Comores à Paris a été le théâtre d'un siège de la part d'une dizaine de Révolutionnaires comoriens. Dès lors, une véritable lutte contre le régime d'Azali Assoumani s'est engagée et tous les dimanches, des manifestations ont lieu partout dans le monde pour réclamer un État de droit et la chute d'Azali Assoumani. Un grand chamboulement a eu lieu, le paysage et le climat politique du pays allaient être bouleversés à jamais.
Parmi les conséquences de l'acte du 28 mars 2019, l'Ambassade des Comores à Paris est devenue le centre de plusieurs conflits et assauts, tantôt des nouvelles tentatives de sièges y sont menées, tantôt des proches d'Azali Assoumani y sont pris à partie. Souleymane, ancien ambassadeur des Comores étaient, à l'évidence, dépassé par les événements. Il avouera plus tard, sous la pression du journaliste Ortega Abdou Hassani, que l'ambassade était devenue « le terrain de jeux» de ceux qui s'opposent au pouvoir. On ignorait alors, qu'en réalité, Souleymane annonçait, ce jour-là, qu'il avait été écarté au profit d'un autre ambassadeur, moins légitime celui-ci, mais ô combien puissant et autoritaire...
Un Ambassadeur nommé Pote...
A l'Ambassade des Comores, un véritable coup d'État a eu lieu. Le putschiste, de la famille d'Azali, un autre putschiste, plus expérimenté celui-ci, n'est autre que le dénommé Pote, Agent de sécurité de la représentation diplomatique comorienne. Il s'est accaparé, sous la bénédiction d'Azali Assoumani, de tous les pouvoirs de l'ancien Ambassadeur Souleymane. Pis encore, Souleymane est réduit au rôle de simple collaborateur; il est même devenu le vassal du Seigneur omnipuissant Pote.
Ce jour-là, Souleymane et les autres fonctionnaires débarquent à l'Ambassade, tous innocents, comme chaque matin. A la surprise générale, ils découvrent que la serrure de la porte principale a été changée. Médusés, les diplomates comoriens ont patienté plusieurs heures à l'extérieur. Il semble qu'ils aient eu le temps de se demander s'ils n'étaient pas face à un acte de sabotage de la part des Comoriens, hostiles au gouvernement Azali. Tout à coup, Pote, simple Agent de sécurité, débarque avec des clefs à la main. Il ouvre les locaux et laissent entrer les fonctionnaires en leur faisant comprendre que les choses allaient dorénavant, fonctionner comme il le souhaite. Dès lors, Souleymane doit systématiquement faire avec les caprices de Pote pour accéder à son bureau. Lors de ses nombreux déplacements, Pote confie les clefs à une personne de son choix...
Il décide également, le tout à l'insu de l'Ambassadeur de façade Souleymane, de renforcer le portail vitré de l'entrée principale. Opération qui a coûté entre 1600 et 1900 euros. Souleymane est à ce jour, incapable de se prononcer sur la provenance des fonds. L' Ambassadeur Pote n'est pas de nature à rendre compte à ses subalternes.
Plus qu'un ambassadeur, un président...
Pote va plus loin encore. Il s'accapare de l'ancienne voiture présidentielle, qui était celle qui conduisait Azali Assoumani dès qu'il frôle le territoire français. Une nouvelle voiture, moins luxueuse, vient d'être achetée pour les déplacements futurs d'Azali Assoumani. Azali Assoumani qui a toujours soutenu Pote dans ses folles manœuvres et qui s'est toujours empressé de l'encourager à chaque fois qu'il a humilié Souleymane.
Plus qu'un simple Ambassadeur, le « président» Pote a décidé de faire installer des caméras de vidéosurveillance aux abords de l'Ambassade. Des caméras surveillées depuis Moroni par des Chinois placés sous le contrôle de l'Agent de sécurité. Il surveille, de près ou de loin, les allers et venues à l'Ambassade. D'ailleurs, à Madagascar où il se trouve actuellement, pour fêter Noël et la Saint-Sylvestre en famille, il continue de souffler le chaud et le froid, de poster ses commandes tout en gardant un œil inquisiteur sur Souleymane et tous ceux, de moins en moins nombreux, qui osent porter la moindre critique sur son pouvoir absolu.
L'omnipotence de Pote a atteint son paroxysme lorsque, pris d'un coup de colère après une mésentente avec des collègues, il indiqua qu'il allait procéder à leur licenciement. Aussi stupéfiant que cela puisse paraître, ces 6 personnes ont été remerciées peu après, comme par enchantement...
Souleymane le « Petit»
Face à ce véritable coup d'État, l'ancien Ambassadeur Souleymane avale sa fierté et se fait petit face à un Azali et un Pote, déterminés à gérer les affaires de l'État de manière clanique. On s'étonne de voir Souleymane se conformer à ce point, lui qui est déjà sur la sellette et qui est en phase d'être rappelé. La hiérarchie s'est inversée à l'Ambassade des Comores, il ne reste plus qu'à espérer, qu'en bon fils de Mutsamudu, ville digne et insoumise, Souleymane observe un sursaut d'orgueil et siffle la fin de la récréation...Quitte à précipiter lui-même sa propre chute...
La
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