SAUVE QUI PEUT...

29/04/2020

Sauve qui peut...

Hier, mardi 29 avril 2020, le journaliste Abdallah Abdou Hassani Agwa informait qu'un jeune du nom de Ali Wali, membre du mouvement Daula ya Haki (mouvement qui lutte contre la dictature aux Comores) a été arrêté dans une mosquée puis tabassé par Lukman Azali (le fils d'Azali Assoumani).

Ce matin (mercredi 29 avril 2020), aux abords du palais de justice de Moroni (quelle pression!), Ali Wali et son père ont accordé chacun une interview au journaliste Nono. Ils s'en prennent au journaliste Abdallah Abdou Hassani et démentent les informations qu'il a diffusées hier en précisant que Ali Wali n'a fait l'objet d'aucune violence.

Pour rappel, Saleh Assoumani avait été arrêté puis torturé. Sous la torture, il avait reconnu des forfaits qu'il n'avait jamais commis. Il indiquera, plus tard, avoir avoué sous la torture, ce qui lui vaudra une deuxième arrestation. Il se trouve encore aujourd'hui en prison. Il n'a jamais été jugé. Comme Saleh Assoumani, Ali Wali est de Ntsoudjini. Il n'a pas pu oublier les mésaventures de son frère du village.

Ainsi, pour mieux comprendre cette interview, nous faisons apparaître, au fil du texte, quelques remarques. Elles sont en gras, entre parenthèses et en Italique. Chacun, avec toutes ces indications, peut aisément se faire une idée sur les propos de Ali Wali. Une chose est sûre, son témoignage est plein de contradictions. Nous en avons souligné quelques-unes. Elles apparaissent dans le texte. Un jour peut-être, la vérité sera dite.

Nono (N) : - Que t'est-il arrivé ? Que s'est-il passé entre Lukman et toi ?

Ali Wali (A.W.) : - Rien. On s'est réveillé lundi matin, comme d'habitude on nettoyait les locaux (de l'Escadron). C'est une routine pour tous les prisonniers de l'Escadron. On se reposait à un moment donné. Soudain, j'ai été appelé. Je tombe sur une personne assise près de la portière d'un 4X4. Cette personne regarde une vidéo, me la montre en me demandant si je fais partie du mouvement Daula ya Haki. J'ai répondu que oui, j'en fais partie. Il m'a fait faire des pompes, que j'exécutais difficilement. Ça fait longtemps que je n'en n'ai pas fait et puis, je suis quand même un peu âgé. Ensuite il m'a fait marcher à genoux. Après quoi, ils m'ont dit : « continue ton délire » (le Daula ya Haki). On est venu me chercher.

N. : - Es-tu vraiment membre du Daula ya Haki ou est-ce un mensonge ?

A.W. : - Bon, on est venu me chercher (il ne dit pas s'il fait partie ou pas du Daula ya Haki. On devine pourquoi...) On a fini la corvée. On nous a remis à l'intérieur. Certaines personnes ont été contraintes de quitter la pièce. Peu après, nous avons tous été mis dehors. Les matelas aussi. On a commencé à nous fouiller. J'avais cru que, enfin, nous étions nombreux à croire que les personnes qui ont quitté la pièce avaient été poursuivies pour trafics de stupéfiants ou que sais-je encore, ce qui aurait pu justifier ces fouilles. Les fouilles se sont prolongées. Ils n'ont rien trouvé da dangereux sur nous, ni couteau ni rien d'autres. Là, les personnes ont été de nouveau réintroduites dans la pièce. Il restait alors 3 personnes de Ntsudjini (alors que les autres ont regagné la pièce ?). Les militaires sont arrivés avec une vidéo. Ils nous ont demandés de la regarder.

N. : - Ce que je voulais savoir, as-tu subi des violences de la part d'un quelconque militaire ?

A.W. : - Non. Je n'ai subi aucune violence (vous contraindre à marcher à genoux, vous obliger à faire des pompes, n'est-ce pas de la violence ?) ...

N. : - Tu n'as pas été touché du tout ?

A.W. : - Non, je n'ai pas été touché du tout. Le jeudi soir où nous y avons été admis, là oui on nous a violentés un peu (Ah quand même !) mais c'est juste une petite punition... Je n'ai pas été violenté. Donc cette voiture est venue là, mais je n'ai pas du tout été frappé (Bien insister sur cela, comme pour faire admettre une vérité qui n'en est pas une...).

N. : - Connais-tu Lukman ?

A.W. : - Non. Je ne le connaissais pas. Et d'ailleurs, on a dû me le décrire. Quand je suis retourné là où se trouvaient les prisonniers, c'est là où on m'a dit que c'était Lukman. J'ai fini par le connaître quand on me parla de son uniforme parce qu'il ne me parlait pas du tout. Celui qui s'adressait à moi, c'est l'autre qui se trouvait au niveau de la portière. Je ne sais même pas comment il s'appelle.

(A 3 minutes 34, une voix discrète, qu'on entend au loin, murmure au journaliste Nono : le « message, le message » ...)

N. : - Quel message souhaitez-vous transmettre par ce témoignage ?

A.W. : - Le message que je souhaite transmettre est que Abdallah Abdou Hassani m'a violé. Il a « violé » (c'est le terme employé) ma vie. Parce qu'il a posé un poignard sur mon ventre. C'est à Abdallah de voir. Le problème que j'ai ci, on me demande de dire qui a transmis l'information à Abdallah. Mais j'affirme avec responsabilité que je n'en sais rien. Je ne connais ni les tenants ni les aboutissants de cette histoire. C'est à Abdallah de voir s'il enfonce le poignard pour me tuer (de quoi avez-vous peur ? Vous ne subissez aucune violence, non ?) ou s'il me libère.

N. : - Et pourtant l'information est répandue partout. Tu serais vraiment mal en point...

A.W. : - Cesse de t'emporter. Je suis bien là. Tu comprends. Je veux dire à Abdallah qu'il est en train de détruire ma vie parce que ma femme suit des soins à Dar-Es-Salam, je ne sais pas comment elle va réagir en entendant ces rumeurs. Un malheur peut s'ajouter au malheur (comprenez la « mort »). Mais je redis à Abdallah que c'est à lui de voir s'il retire son poignard ou s'il continue de l'enfoncer. Parce que à ce stade, je dois dénoncer la personne (qui informe Abdallah Abdou Hassani) et je ne la connais pas (que risques-tu si tu ne dénonces pas cette personne que tu ne connais pas ?)

N. : - Merci, merci, merci....

La Rédaction ( Sérieuse, notre Rédaction est responsable des articles qu'elle publie) 

Share
Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer